L’œil et comment s’en protéger

L’œil et comment s’en protéger

Les mots de l’ethnopsychiatrie

Les mots de l’ethnopsychiatrie : Une série de vidéos explorant des mots, des notions, des concepts provenant de mondes éloignés, dans l’espace ou dans le temps et susceptibles d’éclairer le quotidien de tout un chacun.

Ici, la première vidéo de la série traite de l’œil, du « mauvais œil », que l’on jette comme un mauvais sort et dont seul un autre type de regard est susceptible de nous protéger.

L’œil

Tobie Nathan explore aujourd’hui cette notion très répandue tout autour de la Méditerranée, d’abord d’un point de vue étymologique, puis concret et finit par une réflexion sur notre monde actuel.

Les premiers mots :

En arabe et en hébreu, ‘aïn signifie « l’œil », dans son sens banal, l’organe de la vue, mais aussi « la source », sans doute parce que cette prunelle brillante en plein soleil peut être imaginée comme « l’œil de la terre ». Et le mot ‘aïn désigne aussi le « mauvais œil », cet œil suspect, parfois d’être trop clair, qui diffuse la radiation venimeuse de l’envie. On comprend dès lors le double sens du mot ‘aïn : la source qui maintient en vie et l’œil qui surveille, qui envie et peut empoisonner . « Source » est donc bien le mot qui convient ici, à cet œil oriental, à la fois jaillissement de l’indispensable, source de vie, et aussi surveillance magique et potentiel poison. Être coupé de sa source, ce n’est jamais être délivré d’un lien, mais condamné, comme Caïn, à l’errance infinie, nécessairement à la recherche d’une autre source, et toujours soumis à la surveillance des propriétaires des lieux, des propriétaires de la terre.

Et Victor Hugo dans Légende des Siècles :

« Ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres,

Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres,

Et qui le regardait dans l’ombre fixement… »

Victor HUGO, La Légende des Siècles (1877)